Ne plus avoir ses parents quand on est jeune maman

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L’autre jour, j’ai lu cet article d’un blog que j’aime beaucoup, Câlin & Risette, dans lequel Maman Nouille évoque la présence des grands-parents pour garder son enfant.

À ce passage de l’article, mon cœur, comme tant de fois, s’est serré. Je n’ai pas envie d’écrire un billet d’apitoiement sur moi même (enfin, sur ma situation), donc je n’entrerai pas dans les détails pas marrants de ma life pour faire pleurer dans les chaumières, mais en gros, je n’ai plus de papa, et ma maman est gravement gravement malade et handicapée (maladie de merde, mais vraiment de merde, qui l’enferme chaque jour un peu plus dans son corps devenu prison). On sait qu’elle n’en a plus pour bien longtemps, quelques mois, un an ou deux maximum.

Donc, j’ai encore ma maman, et de cela je remercie le ciel chaque jour : j’ai perdu mon père brutalement, avant que celui-ci n’ait la chance de connaitre ses trois petit-fils. Une de mes plus grandes craintes était que ma maman ne voie jamais mes enfants. Je suis donc déjà comblée que cette crainte ne soit restée qu’une crainte, et ne se soit pas transformé en réalité. Toute mal foutue qu’elle est, ma mère m’aura vue enceinte (elle est même la première à qui j’ai montré mon test de grossesse positif), sera venue à la maternité voir mon bébé, et aura connu, au moins un tout petit peu, mon fils. Le fils de sa fille. C’est déjà fabuleux, et une sacrée chance.

Mais voilà. Même si ma mère est encore en vie, elle est, comme je l’ai expliquée, complètement handicapée. Il est même difficile pour elle de tenir un bébé dans ses bras.

Comme vous le savez, quand on est jeune parent, on a parfois (souvent) besoin d’aide. Alors ok, y a les amis, les frères et sœurs, tout ça tout ça. Mais vous savez comme moi qu’au fond c’est pas pareil. Les amis : ils vous rendent un service. C’est super sympa et ça peut dépanner, mais c’est un service. On ne va pas en abuser. Il n’est pas toujours évident de prendre son téléphone pour dire à sa copine qu’on est malade comme un chien, et qu’on aimerait bien qu’elle vienne une heure ou deux pour qu’on puisse rester sur le trône tranquillou pendant un moment, en cas de gastro aiguë, par exemple. Les amis ça travaille, ça a parfois des enfants, c’est occupé, et c’est moins évident que quand c’est papa-maman, en l’occurrence papi-mamie, qui viennent garder la marmaille. Quand c’est sa mère, on est plus à l’aise.

Et puis en plus (ok je sais que c’est pas le cas pour tous les grand-parents, la preuve dans la suite de cet article) ils sont contents. Ils voient leur petits-enfants, ils en profitent.

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Alors je l’avoue : je suis parfois (souvent) envieuse quand des amis nous disent qu’ils partent une semaine au ski sans leur fille, gardée par sa mamie, ou quand les parents d’une copine viennent à la maison un week-end, lui permettant d’aller au ciné et plus si affinités avec son cher et tendre (ce qu’on n’a pas pu faire pour notre part depuis… heu… attendez je réfléchis… 17 mois ?). J’ai les boules même, on peut le dire carrément. Je me dis que mes amies mamans ont beaucoup de chance. Et que leurs parents ont aussi beaucoup de chance.

Parfois, j’aurais besoin de deux-trois heures, d’une petite soirée, rien qu’une petite soirée, d’une nuit et d’une grasse matinée, juste ça. Rien que ça.

Mais non, pas chez nous.

Je vous entends d’ici… mais… et ses beaux parents ? Eh bien figurez-vous que mes beaux parents se portent bien, très bien même, mais il faut croire qu’ils n’ont pas vécu le même type d’expérience de vie que j’ai vécue (à savoir récupérer son père mort un bel après-midi, brutalement, dans le salon familial, et par là même, comprendre toute la philosophie existentialiste en une seconde chrono…), ce genre d’événement de vie qui fait que vous n’êtes plus jamais comme avant, qui vous fait comprendre l’urgence de devoir PROFITER de ce que la vie vous offre, dès que vous pouvez, et que les autres, les gens autour de vous, y a que ça qui compte. Là, maintenant, tout de suite. Pas dans 2 ans, pas dans 5 ans, pas dans 10 ans parce que là vous bossez encore et que vous n’avez pas le temps.

Mes beaux-parents sont séparés. Ma belle-mère travaille encore. Comme je le racontais ici, elle est pédiatre et bosse comme une malade. Ok. Elle a au moins une bonne raison me direz-vous. Mais est-ce ce travail très prenant et oh combien fatiguant qui l’a empêchée de venir chez nous, ne serait-ce qu’un tout tout tout petit week-end, depuis 14 mois ? À chaque fois que je lui demande quand on pourra lui faire garder son (unique, je précise) petit-fils, elle nous dit « Il faut d’abord qu’il me connaisse avant que je le garde ». Comment lui dire qu’en même temps, si elle ne le voit pas souvent, il risque pas de la connaitre, et qu’à ce rythme là on y est encore dans 5 ans ?

C’est dommage. Pourtant, elle est à fond avec son petit-fils… quand elle le voit.

Quant à mon beau-père, je crois que c’est tout simplement pas son truc. Je ne rentrerai pas dans les détails ici, mais disons pudiquement qu’il s’en fout ? a sa life, voilà tout.

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Voilà. C’est con. Ça me fout les boules. Ça me fout les boules de voir des gens qui peuvent marcher, parler, tenir leur petit-enfant dans leurs bras, ne pas en profiter. Ça me fout franchement les boules quand je pense à mon père, qui aurait été si heureux d’avoir cette chance, bordel de merde. Ne serait-ce que revenir sur terre pour 5 minutes, juste 5 petites minutes, pour voir chacun de ses trois petit-fils, leur faire un bisou, les prendre dans ses bras… rien que ça. Juste ça.

Aussi, ça me fout les boules que ça me foute les boules, pour mon homme déjà, qui sent bien que je suis déçue par ses parents (à ce niveau là, bien sûr) car ils ne sont pas les papi-mamie que j’aurais aimé qu’ils soient (= comme l’auraient été mes parents), ensuite, parce que je sais bien qu’il faut prendre les gens comme ils sont, et qu’après tout, c’est ce que mes beaux parents sont, ça ne les empêche pas d’aimer leur petit-fils et d’être au moins là… même de loin. Ils sont comme ça, c’est tout. Il va falloir que j’apprenne à réajuster mes attentes, mes projections, mes tentations de comparaison avec mes parents, et surtout ma tristesse de ne pas avoir eu cette chance d’enfin découvrir mes parents en papi-mamie que j’avais imaginé qu’ils seraient un jour, avant les drames qui nous sont arrivés.

Ça me fout les boules aussi que, n’ayant de grands-parents de mon côté, mon enfant ait des grands-parents « comme ça ». C’est pas très sympa de dire ça, je sais, mais en même temps la famille c’est pas toujours tout beau tout rose, la preuve : eux. Ça me fout les boules de dire et de ressentir ça, je m’en passerais bien, croyez-moi, et j’espère que l’avenir adoucira cette idée. Après tout, ils ont encore toute leur chance, si la vie leur en laisse la possibilité.

Ben voilà ! J'ai mon cadeau de noël 2016 tout trouvé !

Ben voilà ! J’ai mon cadeau de noël 2016 tout trouvé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la vie, c’est notre vie. C’est comme ça. Plein de gens perdent leurs parents jeunes. Je ne suis pas la seule sur terre à ne pas avoir cette aide et ce soutien parental précieux. On s’en sort autrement, et heureusement, il y a les solutions de garde.

Il va falloir que j’accepte cette situation, que j’accepte mes beaux-parents, tout simplement différents des miens. Il va falloir aussi que j’arrête de vivre avec cette peur qu’il arrive quelque chose, aujourd’hui, demain, et que du coup ce sera trop tard, qu’ils n’auront pas assez profité, qu’ils seront passés à côté, que voilà j’avais raison parce qu’on dit qu’on n’a pas le temps ou ci ou ça mais après on meurt et c’est trop tard. Les cons.

Il va falloir que j’accepte que mon fils n’aura peut-être pas les grand-parents que j’ai eus. Que cette famille là sera juste différente de la mienne.

Vous qui avez votre père ou votre mère, voire les deux, qui viennent vous aider de temps en temps, ou simplement passer un peu de temps avec votre enfant. Réjouissez-vous, et profitez de chaque instant. Vous avez de la chance.

Pour conclure ce billet un peu bad, (je suis désolée, promis le prochain sera plus rigolo), je citerai le poète David Hallyday, qui, dans sa chanson (que j’aime bien pour de vrai, on ne se moque pas s’il vous plait, on a tous des trucs honteux comme ça alors chut) Tu ne m’as pas laissé le temps, dit : « on devrait toujours dire avant l’importance que les gens prennent tant qu’il est encore temps ».

Car, comme dirait François Valéry (autre grand poète) : « Aimons-nous vivants ». C’est mieux.

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2 réflexions sur “Ne plus avoir ses parents quand on est jeune maman

  1. Maman Nouille dit :

    Ah je suis flattée d’avoir été citée dans cet article (quand bien même, j’attends toujours mon année gratuite de pilule qui font changer les sexes des poissons). Bon c’est quand même un peu tristoune comme article (le moment le plus déprimant est sans doute lorsque tu cites David Hallyday et François Valéry, on sent la déchéance).

    De mon côté je regrette que ma mère soit à l’autre bout de la France. Je pense que j’aurai eu besoin d’elle les premiers mois de la maternité. Les parents de mon compagnon sont aussi à cet autre bout. Il ne reste que mon père à une heure de route, et je sais que lui aimerait être plus proche de mon fils, mais là c’est moi qui ne veux pas. C’est un peu gonflé de te dire ça alors que tu souhaiterais que ton père soit là, mais les histoires familiales ont toutes leurs raisons.
    Je crois qu’on n’a jamais les grands parents idéaux, ni même les parents (ni même les enfants). On fait avec ce qu’on a, on fait ce qu’on peut.Mais je comprends ta déception, je trouve que vis à vis de tes beaux parents, on veut le meilleurs pour son enfant. C’est dur de constater qu’il n’est pas si important que ça pour des gens censé l’adorer.

    • Birdy dit :

      J’avoue il est un peu bad mon article… « Aimons-nous vivants, n’attendons pas qu’la mort nous trouve du talent »… Mais que veux-tu, on ne peut pas parler de retours de couches, de machine à laver ou de pilule toute l’année hein.

      Je me rends compte en te lisant que je parle beaucoup de mes beaux-parents dans mes articles (belle maman surtout, normal, elle est pédiatre, j’écris sur mon bébé…). Va falloir que je fasse une pause parce qu’à force je risque de donner l’impression que je fais une fixette. Mais mes parents me manquent tellement… Donc mes beaux-parents brillent par leur absence, en quelque sorte, et du coup je parle d’eux. Remarque, au moins beau-papa ne me fait pas suer, on le voit peu, et c’est pas le genre à débarquer chez nous ou à appeler. Donc bon. Au moins chui peinarde.

      Mais tu as raison, on n’a jamais la famille idéale. C’est certain ! C’est à moi de réajuster mes attentes, mes projections, et d’accepter la situation.

      Je me renseigne auprès du labo qui me paie pour ton année de pilule. J’attends de leurs nouvelles, mais tu m’excuses, j’ai un article pro-vaccin à écrire entre-temps, histoire que je ne sois pas payée par Sanofi à rien foutre, quand même. Je reviens vers toi dès que c’est fait !
      Sinon, j’ai des petits vaccins en stock, si ça t’intéresse… 😉

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