Les suites de couches, la vérité

kate-ventre-rond_2521209

 

 

 

 

Comment ça ? On ne vous avait pas prévenue ? Eh bien voilà la vérité, rien que la vérité, je l’jure.

Bébé est là, vous êtes fatiguée mais heureuse, vous pensiez qu’ah y est c’était fini maintenant, le plus dur était passé (l’accouchement)…

Eh ben nooooon !!!!!!!!!!!

Aujourd’hui je vais vous dire toute la vérité, celle dont on ne parle JAMAIS, ou à demi-mot, ou dans les cours de prépa à l’accouchement et encore, on ne vous dit pas tout. Si, je vous jure. Gros gros TABOU en perspective.

Bon y a bien des trucs dans les bouquins ou sur Internet, quelques tentatives dans les médias (émission spéciale des Maternelles, que je n’ai pas vue mais j’aimerais bien…), mais ça reste finalement assez didactique, alors qu’à vivre en vrai, quand vous n’êtes pas ou si peu au courant, ça peut être assez traumatisant.
Bordel vous dites-vous, qu’a-t’elle donc de si horrible à raconter, que s’est-il passé pour elle qui fait qu’elle pense nous révéler des choses que finalement on n’a peut-être pas envie de savoir ? C’est peut-être pas pour rien que nos mères et nos grand-mères ne nous ont rien dit. Elle fait flipper à force (ça, c’est si vous attendez votre premier… déjà que je vous ai fait fichu la trouille avec mon accouchement stressant).
Je vous rassure tout de suite, tout ce que je vais essayer de faire, c’est de vous informer un minimum, histoire que justement vous ne le soyez pas, traumatisée. Parce que franchement, pour ma part, je peux le dire, j’ai été choquée. Ça vous fiche la trouille ? N’ayez crainte, si vous êtes un peu au courant de ce qui va se passer en vous après avoir mis au monde votre merveille, tout ça vous paraîtra presque rien du tout. J’ai suivi une super prépa à l’accouchement avec une super sage-femme (un ange), mais nous n’avons pu bénéficier, hélas, que de 4 séances. Du coup, tout l’après grossesse n’a pas été abordé, ou si peu. Ce ne sera peut-être pas votre cas à vous. Et puis si moi j’ai été chamboulée par les suites de couches, d’autres femmes n’en sont pas autant marquées (ou alors elles mentent ?). Il faut dire que dans mon cas, la césarienne en a ajouté une couche, c’est le cas de le dire. Quoique j’ai évité l’épisio et tout ce qui va avec… bon pardon, j’en dis déjà trop. Je vais essayer d’être synthétique (difficile pour une bavarde comme moi). Ok alors voilà ce qui vous attend, point par point. On fera un petit débrief après le tableau…

 

images

 

 

 

 

 

 

Les lochies

Ce drôle de nom pour désigner les saignements post accouchement. Les premiers jours, ces saignements sont abondants au point de devoir goûter aux joies des culottes filets et garnitures géantes. Sexy. Les lochies vont ensuite s’éclaircir et devenir moins abondantes, pour durer quelques temps, jusqu’à 3 semaines après l’accouchement voire plus, parfois jusqu’au retour de couches.

Je profite de cette rubrique sexy pour vous prévenir : ça va couler. De partout. Par en bas donc, mais aussi par les nénés, pour la première fois de votre vie, par en haut parfois, si vous vous mettez à pleurer (il est possible, mais pas obligatoire, que vous ayez souvent les larmes aux yeux. Je n’aborderai pas dans ce billet le baby-blues, la chute hormonale ou tout simplement la fatigue mais voilà, si ça vous arrive, dites vous que ça fait partie du truc et que c’est pas grave…). Parfois ça coule de partout en même temps.

 

tranchee

 

 

 

 

 

Les tranchées

Rien à voir avec la première guerre mondiale. Là encore une drôle de détermination pour parler d’un phénomène indispensable au retour du volume normal de votre utérus : les contractions. On dit alors que l’utérus s’involue. Eh oui, vous croyiez en avoir fini avec les contractions ? Eh bien non, après l’accouchement ça contracte encore figurez-vous, et vous le ressentirez de manière plus intense si vous allaitez, pendant la tétée même. Voilà un phénomène qui m’a surprise : je mettais bébé au sein et hop, une tranchée dans le bide et hop, comme ça contracte… je vous le donne en mille… ben ça sort par en bas ! Donc vous êtes dans votre lit, en train d’allaiter, et vous sentez que dès que la tétée sera finie faudra que vous filiez aux toilettes (pour autant que vous puissiez vous lever après une césarienne) changer vos deux couches XXXXL et peut-être même votre culotte filet garni. Grâce cet épisode de vie, j’ai compris pourquoi on appelait les serviettes hygiéniques « garnitures ». Je n’en dirai pas plus.

Image pudique pour évoquer votre petite fleur...

Image pudique pour évoquer votre petite fleur…

 

 

 

 

 

 

 

Le relâchement du périnée

On ne vous fait pas de dessin, généralement voilà un sujet abordé pendant les préparations à l’accouchement, donc vous savez ce qui vous attend : grossesse + accouchement = votre périnée en prend un coup.

« Les premiers jours, il est possible de ressentir un inconfort voire quelques douleurs en cas d’épisiotomie ou de petite déchirure. N’hésitez pas à faire part de cette gêne au médecin si les douleurs persistent » = ça c’est la phrase soft. Version « on ne va pas traumatiser ces pauvres femmes, sinon l’espèce humaine risque de s’éteindre pour toujours ». En réalité, vous serez terrifiée à l’idée d’aller faire pipi, caca je ne vous en parle même pas (mais bon, ça c’est pareil en cas de césarienne). Pour celles qui ont une césarienne programmée ou qui l’appréhendent, dites vous qu’au moins votre périnée ne ressemblera pas à un chou-fleur après votre accouchement. C’est toujours ça de gagné. Attention, j’en parlerai dans un autre article, mais vous n’êtes pas dispensée de rééduc’ pour autant, je vous vois d’ici petites coquines…

Lors de votre séjour à la maternité, vous aurez la visite de kinésithérapeutes, qui commenceront (déjà !) votre rééducation périnéale et vous montreront quelques exercices. Bien sûr, vous repartirez avec une ordonnance pour des séances de kinésithérapie post-natale. Indispensables si vous voulez bien récupérer et éviter les incontinences (on vous avait dit que c’était sexy !)

 

file_main_image_8559_1_shutterstock_38467303_cache_316x500

 

 

 

 

 

 

Le ventre flasque (et vide)
Là non plus, on ne va pas vous faire de dessin. Pas de mystère pour le coup, bébé est sorti et il vous reste comme un ballon de baudruche qui se dégonfle. Chairs et abdominaux distendus mettront un peu de temps à retrouver leur tonicité. Soit dit en passant, il serait fort appréciable que les hommes soient au courant, ça éviterait de les entendre s’étonner que le ventre ne redevienne pas tout plat à peine bébé sorti. « Et en fait ça revient à la normale dans longtemps ? »
Mais pas de panique, avec du temps, de la rééducation abdominale et un simple retour à une activité normale, vous retrouverez forme humaine. Si si je vous jure.

 

La constipation et autres petits désagréments (gaz, hémorroïdes… que des trucs sympas)
Vous voulez vraiment les détails ? Non ? Ça vaut mieux ! Dites vous que, quoiqu’il arrive, ça n’est que passager. Et dites-vous que, si vous êtes en chambre double comme je l’ai été, les pleurs du bébé couvriront les prouts en rafale.
9_giphy (2)

 

 

 

 

 

La montée de lait et tout ce qui a trait à l’allaitement (crevasses, écoulements intempestifs, engorgements)
L’allaitement n’est hélas pas toujours abordé lors des cours de préparation à l’accouchement. Or, la montée de lait et tout ce qui s’ensuit peuvent être impressionnants quand on est maman pour la première fois. Coulées intempestives, seins durs et congestionnés, montées de température… Heureusement, les sages-femmes seront là pour vous rassurer et faire en sorte que votre allaitement se passe au mieux.
6268510-9381786

 

 

 

 

 

 

Voilà pour l’universel – ce que TOUTES les femmes vivront-. À cela peuvent s’ajouter les conséquences de certains actes chirurgicaux, en cas de césarienne ou d’épisiotomie par exemple : douleurs, gêne à cause de la sonde urinaire, cicatrice, port de bas de contentions…
Alors, heureuse ? Pas de panique je vous ai dit. Si je vous raconte tout ça, c’est justement pour faire en sorte que vous ne soyez pas surprise quand ça arrivera. Maman prévenue, suites de couches vaincues (ou mieux vécues). Personnellement, j’ai été franchement surprise, parce que personne ne m’avait dit que tout ça arriverait, en même temps. Qui plus est quand on est pas chez soi, dans l’intimité de son nid douillet, de sa salle de bains et de ses waters. Se balader la couche pleine au derrière chez soi, c’est pas la même chose que de devoir passer devant le lit et les invités de sa voisine de chambre, hirsute (moi, pas la voisine), chancelante (oui, ne plus avoir le ventre plein tout d’un coup change subitement votre centre de gravité et vous fait marcher telle une figurante de Walking dead), chancelante donc, se rendant compte avec effroi que les garnitures XXL font un bruit de couche, genre plastique froissé, quand on marche.
La prochaine fois j’investirai directos dans des couches pour vieux. Ils font des culottes géniales, avec méga couche intégrée. Bien plus pratique.
incontinence-urinaire-18

 

 

 

 

 

Enfin, je le rappelle, j’ai été césarisée. Pas la cérémonie, je précise, mais l’opération chirurgicale due à la « souffrance fœtale aigue » de mon petit bébé. Du coup, j’ai douillé. J’ai gardé une sonde urinaire deux jours, jusqu’au moment où j’ai pu me lever (grâce à la morphine, sinon je n’aurais réussi qu’à errer pliée en deux dans la chambre, Walking dead, toujours…). J’ai gardé aussi quelques temps la perf’, ainsi que de magnifiques bas de contentions blancs que je portais jusqu’en haut des cuisses. Manquaient plus que les porte-jarretelles. Je vous laisse imaginer le tableau : moi tirant mon lait pour cause de seins gonflés à bloc coulants tout seuls, ma culotte filet garnie, et mes bas blancs… Mon homme a pris une photo de ce moment, j’espère qu’elle restera secrète forever. Heureusement que je ne suis pas Jennifer Lawrence (cf.Google pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas l’histoire…). Connue quoi.

 

Photo non contractuelle, trouvée sur Internet (c'est pas du tout mais alors du tout mes pieds !)

Photo non contractuelle, trouvée sur Internet (mes pieds n’ont pas cette tête là)

Pour conclure et pour tenter de vous rassurer malgré le film d’horreur que je viens de raconter, je ferais un copier-coller de ce que j’ai écrit dans un article pour un site Web : « nous avons bien conscience que le tableau que nous vous peignons là n’est pas des plus jolis et peut même carrément faire peur. Mais le but de cet article est avant tout d’informer. N’ayez crainte, tout ça n’est pas si terrible, sinon on ne recommencerait pas. Simplement une femme avertie en vaut deux, et ne pas avoir idée de ce qui peut arriver peut réellement décontenancer une jeune maman déjà bien vulnérable physiquement et psychologiquement. Qui plus est quand tout ça vous arrive non pas chez vous, dans votre petit confort et dans l’intimité, mais à la maternité, quand vous avez de la visite et quand tous les jours, un kiné ou un médecin vous demande si « vous êtes allée à la selle aujourd’hui ».

Certes, c’est de toute façon en vivant les choses qu’on apprend, mais enfin, un peu d’info pourrait éviter bien des maux. Savoir vous permettra de prendre les choses avec philosophie et humour : quand vous serez dans la salle de bains de votre chambre d’hôpital, que vous vous regarderez dans la glace, vêtue de votre magnifique culotte filet garnie de serviettes XXL, vous aurez alors une pensée pour les stars qui ont accouché : est-ce qu’Angelina Jolie ou Victoria Beckham ont vécu la même chose ? Vous pourrez sourire. Oui. »
Victoria Beckham à l'enterrement de son périnée

Victoria Beckham à l’enterrement de son périnée

 

5 réflexions sur “Les suites de couches, la vérité

    • Birdy dit :

      Pas eu tellement le choix, une chambre solo m’aurait coûté une fortune mais la prochaine fois je l’aurai, ma chambre seule !!!
      Ravie que tu te sentes prête et que mon billet ne t’ait pas traumatisée… 😉 Prête pour le grand jour alors ! Bonne chance !

  1. Doudou Lardon dit :

    MDR j’adoooooore ton article et plus généralement ta façon de tourner les choses avec humour!
    C’est TELLEMENT ça !!! Je suis tout à fait d’accord avec toi, on parle trop peu de toutes les suites difficiles, c’est très surprenant. Perso les suites ont été plus difficiles que l’accouchement en lui-même (bon toi, l’accouchement c’était chaud chaud chaud!!)
    Les 2-3 premières semaines qui ont suivi l’accouchement ont été très difficiles pour moi, épisio bien douloureuse, hémorroïdes… j’avais mal tout le temps, debout, assise, couchée… heureusement que mon homme était là pour gérer bébé car c’était une vraie souffrance quand je devais le faire!
    Et puis ça permettrait d’acheter des médicaments en prévention, contre les hémorroïdes, des suppos à la glycérine, du Saugella pour soulager le feu de l’épisio et des hémorroïdes…
    Bref y’a tellement de tabous idiots autour de la grossesse et de la maternité…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *