La standardiste gynéco

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Depuis mon merveilleux TG+ (= test de grossesse positif, pour ceux qui ne savent pas) je me suis demandée ce que j’allais faire de mon bloguounet maintenant que je suis enceinte. Bon, au moins, je collerai davantage au « mom mom » du nom de mon blog. Mais n’empêche, en sous-titre j’avais choisi « petites histoires d’une envie de bébé ». Je fais quoi moi maintenant ? Bon, le bébé n’est pas encore là, donc pour le moment mon envie de bébé est toujours d’actu. Puis même après, je suis sûre que j’en voudrai un autre alors…

Suite à cette réflexion hautement existentielle à propos de mon blog, j’ai fini par me dire lâche toi comme tu l’as déjà fait, raconte ce qui te passe par la tête, et tu verras bien. L’essentiel étant de se faire plaisir, n’est-ce pas ?

Comme j’ai encore des histoires et des anecdotes plein mon placard (pas toujours marrantes, je vous préviens), j’ai eu envie de vous parler des débuts de ma grossesse, à travers certaines d’entre elles.

Je vais donc commencer par l’anecdote de la standardiste au téléphone.

Tout commence ce jour de mars 2014, par ma première grosse frayeur de femme enceinte. C’était il y a déjà un mois. J’attendais deux copines le soir-même : elles devaient passer tout le week-end à la maison, et on avait prévu de se balader, de faire un peu la teuf (enfin modérément pour moi, j’étais en plein dans ma période zombie et avais envie de me coucher tous les soirs à 20h30…).

Le matin, je me lève, vais faire pipi comme chaque jour que Dieu fait, et que vois-je à l’horizon de la cuvette des chiottes ? Des pertes marrons. Désolée pour les détails, mais enfin, comme je dis souvent, les enfants ne naissent pas dans les choux hein donc bon. Je disais donc, pertes marrons, et grosse panique. Mon Dieu ça y est, je fais une fausse couche, merde oh la la.

J’appelle ma gynéco à Paris, évidemment le vendredi elle ne travaille pas. Arf.

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J’ai donc appelé les urgences d’une clinique privée. Je n’étais pas en France, j’ai pris le premier truc venu dont le site Internet avait l’air de dire qu’on pouvait me prendre tout de suite, en tout cas, c’est ce que signifie pour moi « urgences gynécologiques ». Clinique neuve et rutilante donc. De quoi me rassurer, je préférais ça aux urgences glauques de l’hôpital affreux à côté de chez moi.

Un peu plus et je n’avais pas ce rendez-vous et devais écrémer les urgences engorgées des hôpitaux, quitte à y passer une bonne partie de ma journée, en me faisant un sang d’encre.

Je vous fais la scène, qui avait lieu un vendredi matin donc :

« – Allo ? Oui bonjour, j’aurais voulu savoir si je pouvais avoir un rendez-vous en urgence, je suis enceinte d’un peu plus d’un mois et j’ai des pertes marrons depuis le lever.
– Attendez je regarde… heu… oui lundi à 14h ? (je rappelle qu’on était vendredi, 10h…).
– Ah. Heu. Bon… je croyais que vous aviez un service d’urgence. Heu ben écoutez non tant pis, il faut que j’aille aux urgences, je suis enceinte et je perds du sang, je suis inquiète, c’est pas grave je vais aller aux urgences de l’hôpital…
– mais pourquoi c’est urgent ? Vous avez fait une chute ? Vous avez pris un coup dans le ventre ??
– °-° (perplexe) heu… non. Non non… heu.. Non. (toujours perplexe). Mais quand on perd du sang en début de grossesse, je crois qu’il vaut mieux consulter. Je suis inquiète. D’autant que j’ai des amies qui viennent me visiter et visiter la ville ce week-end, donc si je dois éviter de marcher, vaut mieux que je le sache assez vite.
– bon d’accord, venez ce matin à 11h15.
– ok super ! Merci au revoir ! »

Consultation chez un gynéco à 11h15 donc, écho de contrôle : ouf, bébé est là, son petit cœur bat la chamade, il est déjà bien grand et se porte comme un charme. Mais j’ai un petit décollement placentaire dû à un hématome. Rien de grave, c’est petit, et ça se remettra sans doute vite et bien. Mais pendant une bonne semaine : pas de marche plus de 10 minutes, pas de rapports sexuels, pas de portage de choses lourdes, pas de voiture. Bref, en gros, reste chez toi et mate toi des séries peinarde.

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Ouf ! J’étais soulagée mais toujours un peu inquiète : il allait falloir que je reste tranquille et que je fasse attention. Je repensais à cette secrétaire au téléphone. Quelle gourde quand j’y pense ! Imaginez un peu si je l’avais écoutée, si je n’avais pas insisté, si j’avais été mal informée, un peu naïve et que je l’avais crue (oui dans le fond lundi ça ira…). J’aurais peut-être perdu mon bébé… J’ai remercié Internet qui n’a pas arrêté de me donner à lire des trucs du style : si perte de sang, consultation. Des fois, mieux vaut flipper un peu trop que pas assez.

Tout s’est bien fini : écho une semaine après, tout s’était parfaitement remis ! Plus d’hématome, un bébé qui avait encore super bien grandi, et mon sourire sur le visage toute la journée.

Mais quand même… j’ai fantasmé pas mal après sur cet échange avec cette fille…
« – Vous avez fait une chute ? Vous avez pris un coup ?

– oui mon mec me tabasse et j’en ai déjà perdu 4 comme ça vous comprenez… c’est bon ? J’ai mon rendez-vous maintenant ? »

ou tout simplement lui dire :

« – heu non, mais vous savez, on peut tout à fait faire une fausse couche sans tabassage ou cassage de gueule dans les escaliers hein. Ça peut arriver comme ça parfois, donc s’il vous plait, si une femme enceinte vous appelle parce qu’elle perd du sang alors qu’elle est enceinte, ne lui dites jamais d’attendre trois jours. Si votre foutu planning est plein, dites lui d’aller aux urgences, d’appeler son gynéco, son médecin, n’importe quoi, mais ne lui laissez pas entendre qu’elle peut attendre 3 jours ».

Merde, c’est grave. T’es standardiste, pas médecin. J’ai rien contre les standardistes, je l’ai été moi-même, je sais que c’est le genre de boulot qui finit par vous faire détester l’espèce humaine. Mais enfin, là, c’est grave. A ta place, j’éviterais de poser des diagnostics au bout du fil, et de dire des conneries qui pourraient être dangereuses. Quand on sait pas on se tait.

Merciiiiiiii, en r’voir !

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Une réflexion sur “La standardiste gynéco

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