Faites vos jeux !

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Bon ben je crois que je suis à cette période de mon cycle, où une femme et un homme en essai bébé se transforment en bêtes de sexe. Je me demande si de savoir que je suis susceptible de pondre mon œuf dans les minutes/heures/jours à venir joue sur ma libido, ou si ce sont les hormones en jeu lors de l’ovulation qui la boostent mais purée ! j’en connais un qui est content, c’est moi qui vous le dis !

Je ne rentrerai pas davantage dans les détails, bande de coquin(e)s, je comptais parler de conception plus que de sexualité dans ce billet, même si les deux sont quand même, faut bien le dire, vachement liés, et même si parler de sexe pourrait m’attirer encore plus de lecteurs/rices et même, rêvons un peu, me faire gagner des sous. Bon enfin revenons à nos moutons jetons, et misons un peu.

Etre en essai bébé, c’est devoir faire l’amour, souvent, régulièrement, au moins tous les deux jours (voire tous les jours), en période « on ». Oui car plutôt que de parler de phases folliculaires, ovulatoires, lutéales, j’ai envie de faire comme si nos essais bébé étaient un festival ou une biennale (de musique, de théâtre, de danse…), et parler de « on » et de « off ». En ce moment donc, on est en période on. C’est-à-dire que j’ai tous les symptômes d’une jolie ovulation qui se prépare, où qui est en train d’avoir lieu. Donc go go go !

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Dans mes précédents billets, j’ai évoqué le syndrome du joueur, ou du prisonnier, ou du calendrier de l’avent, c’est au choix. Car essayer de faire un bébé, c’est parier, compter les jours, miser, espérer gagner le gros lot. « Faites vos jeux, les jeux sont faits ».

On se sent à la fois comme le joueur qui doit cocher des cases, compter, miser, calculer, tenter le tout pour le tout, et l’enfant qui ouvre les fenêtres de son calendrier de l’avent, comptant les jours jusqu’au réveillon de noël pour lui, jusqu’à la date présumée des règles, pour nous.

Ce mois-ci j’ai essayé, je dis bien essayé de décrocher, et de compter un peu moins. Pourtant, je me sens un peu comme un joueur addict, en passe de se voir interdire l’accès aux casinos si sa fréquentation des tapis de jeux devait se prolonger. Dur de ne pas compter, même un peu. Dur de ne pas se dire que peut-être cette fois on a misé sur le bon timing, la combinaison parfaite, le numéro gagnant.

Pour en revenir aux rendez-vous gynéco évoqués dans le précédent billet (au passage, merci à tous pour vos commentaires et encouragements ! Le succès de ce billet a dépassé tous mes espoirs… Merci !), pour en revenir à nos chers docteurs donc, qui finalement participent d’une manière ou d’une autre à notre projet bébé, quand je suis allée la voir en septembre dernier, ma gynéco m’a demandé si j’avais des rapports réguliers, et si oui, si j’en avais au bon moment, et si oui, si j’étais bien sûre que le bon moment soit le bon moment. Elle m’a expliqué qu’elle voyait beaucoup de patientes qui connaissaient mal le fonctionnement du matos, si j’ose dire, (comme expliqué dans le fameux précédent billet) et/ou qui n’étaient pas si souvent avec leur homme pendant la période on. C’est vrai que, admettons que dans le meilleur des cas on ait 12 ovulations par an (je dis bien dans le meilleur des cas, c’est sans compter les cycles anovulatoires ou les ovocytes pas gégé…). Ça ne fait ma foi que 12 chances par an. Si, au cours de cette année, chéri chéri n’est pas à nos côtés 3 ou 4 fois, ben ça nous laisse quoi… 8 ou 9 tentatives ? Tout au plus ? Oui pas fou hein.

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Tout ça pour dire que cette gygy m’a raconté avoir eu dans son cabinet des patientes qui finissaient par avouer/se rendre compte que bah… depuis le début des essais bébé, leurs chances réelles de conception étaient finalement bien minces. Entre un boulot qui éloigne les partenaires, la fatigue, la non-envie pile au bon moment (comme par hasard), et tout et tout, il peut s’écouler parfois des années ! m’avait annoncé ma gygy.

Ah la bonne nouvelle ! Ok. Bon. Cool, zen. Le séjour de chouchounet à l’autre bout du monde a été reporté, tout va bien. On va essayer d’arrêter un peu de penser comme si on s’était mis à jouer au black jack ou à la loterie. Parce que là on se transforme en joueur de poker fin stratège, avec prises en compte des probabilités, et tout et tout… On pense en plusieurs coups, comme aux échecs. Manquerait plus qu’on soit accro tiens ! Cela dit on a vachement progressé, on commence à maîtriser la discipline, on devient bon.

Donc on va faire en sorte de continuer à jouer au loto, le plus souvent possible, puisqu’il paraît que 100% des gagnants ont tenté leur chance. Plus on aura de grilles remplies, plus on aura de chances au tirage.

En plus c’est bon pour la libido (pour l’instant, hum…), et ce qui est bon pour la libido est bon pour le couple, alors ne nous privons pas. Et Inch’ Allah…

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5 réflexions sur “Faites vos jeux !

  1. Pierre de lune dit :

    J’aime bien le passage « on se transforme en joueur de poker fin stratège, avec prises en compte des probabilités, et tout et tout ». J’imagine bien que c’est véritablement ça qui se joue. Compter, calculer, marquer des petites croix dans son agenda, revérifier les petites croix, re-calculer à l’envers pour être sûre 😉

    C’est vrai que, tant qu’on n’est pas dans les essais intensifs (pour cause d’âge avancé, de tentatives restées infructueuses, etc.), on ne réalise pas forcément que la fenêtre d’ouverture est très mince, à peine quelques jours (celles qui n’ont jamais eu à compter sont bénies des dieux, elles ne savent pas à quoi elles ont échappé !). N’empêche que, si j’avais su tout cela quand j’étais ado ou jeune femme et que j’entendais parents, profs de bio et planning familial me foutre bien les pétoches sur un ton alarmiste et grandiloquent genre « Il ne suffit que d’une fois. UNE fois », j’aurais un tantinet moins flippé quand – forcément – j’ai fait une petite bêtise. J’aurais calculé la date de mon cycle pour mesurer le risque (ceci dit, aurais-je seulement su calculer ce risque? Je crois que, à l’époque, je n’avais tout simplement aucune idée de tout ça. Et pas d’Internet pour nous éclairer de ses lumières…).

    En tout cas, tu as bien de la chance que chéri soit « fully on board », avec la libido qui convient… Le mien, si on était dans la même situation, ce serait mort (chouchou est trèèès sensible. Ca doit impérativement rester spon-ta-né, sans le moindre soupçon, même infime, même inconscient, de calcul ;-)).
    De toute façon, pas moyen de calculer quoi que ce soit de mon côté. Ca simplifie les choses, tout au moins avec chouchou.

    En attendant que les jeux soient faits de ton/votre côté, « Faites vos jeux » 😉

  2. Birdy dit :

    Merci les filles ! Merci Pierre de lune, je suis très touchée par ton message !
    Je n’ai pas encore fait d’articles façon mars et vénus sur la sexualité du couple en essais bébé, mais concernant ton homme, je me permettrais de te conseiller l’article précédant celui-ci (« Mais, Docteur… »). Je sais bien que pour un homme, tout ça n’est pas simple non plus. Projeter de faire un bébé n’est pas un désir simple, dans le sens où il implique deux personnes, et pas toujours évident d’être raccord tout le temps. Crois-moi, il y a des moments où, malgré l’amour de mon compagnon et sa compréhension, je me sens bien seule. Je crois que mon chéri n’est pas dupe, on ne le formule pas tellement mais il se doute bien que j’ai aussi cette libido parce que bah… pour faire un bébé, y a intérêt à s’en donner les moyens quoi ! Et il le sait bien, je crois. Il y a encore un an, juste avant que j’arrête la pilule, il n’aurait pas pensé comme ça. Mais les mois passent, et il commence à comprendre que faire un bébé c’est aussi quelques heures/jours propices par mois, et que si on ne calcule pas un tant soit peu, ça peut prendre beaucoup beaucoup de temps.
    Je comprends ton homme, lier la sexualité à la perspective d’un bébé n’est pas forcément hyper excitante, ça peut couper la chique à plus d’un, mais il faut qu’il arrive à voir le truc autrement. Un jour, lors d’une discussion assez lourde à ce sujet, j’ai avoué à mon homme que pour moi, cette perspective mettait encore plus de forces et d’intensité dans nos rapports, je me sentais encore plus amoureuse… et il a fini par me confier que lui aussi ! J’en étais la première surprise. Il m’a avoué y penser, pendant certains câlins, et est parvenu à trouver ça plutôt fort. Donc bon.
    Après, je sais que je marche toujours encore un peu sur des oeufs avec lui, donc je n’exagère pas (genre la femme déchaînée pile pendant la période « on », et plus rien après…). Nous avons des rapports réguliers, même hors bonne période, et il voit bien que je suis autant « à fond » si j’ose dire que pendant les périodes qu’il sait plus propices. Il y a des mois où je lui dis que je dois ovuler, où je le tiens au courant de mes tests, et puis des mois où je ne dis trop rien, ça permet de ne pas tout rattacher systématiquement à ça, et de garder un peu de légèreté.
    Et puis quand l’un de nous deux n’a pas envie, on ne se force pas. Mais comme toi les réactions de mon homme me stressent un peu vis à vis de ça. Je ne suis pas lui, je ne peux donc prévoir ses envies, ses appréhensions. Je ne sais pas comment il pourrait réagir.
    L’autre jour, comme j’étais très entreprenante, il m’a demandé si j’ovulais (ahah !), parce que je lui avais dit que j’avais remarqué une petite hausse de libido pendant cette période. Je lui ai dit que non non non, c’était trop tôt (ce qui était vrai). Je crois que montrer à son homme qu’on le désire aussi dans les périodes off les rassure !
    Bon courage avec le tien, moi j’attends le jour où le mien prendra carrément les devants pour ça, me demandant de lui faire un bébé, de faire tout le temps des câlins pour ça. Mais on en est pas encore là. Un jour peut-être ? 😉

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