De l’anonymat de la blogueuse

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Je dis « blogueuse » et non blogueur, parce que j’écris dans la catégorie blog féminin, Hellocoton, tout ça tout ça. Mais bien entendu, c’est aussi valable pour les blogueurs, quoique statistiquement, je suis quasi persuadée qu’ils sont moins nombreux que les femmes à répandre ainsi leurs états d’âme sur Internet…

Un billet sur l’anonymat donc, et mon choix d’anonymat pour ce blog que vous êtes en train de lire. Ce choix a été fait sans même que ça en soit un, de choix. Pour moi, ça allait de soi (vous noterez la rime en « oi », poil au doigt). Je ne me voyais pas raconter des choses intimes, personnelles, tellement personnelles que même mon entourage le plus proche ne savait pas toujours ce qui se passait dans ma petite tête. C’est le cas notamment pour ce désir d’enfant criant. Oui, c’est le mot, criant. J’avais parfois envie de le hurler, ce désir. Mais quand je l’exprimais à certains/certaines de mes ami(e)s, je me suis souvent sentie incomprise, ou en tout cas, mal comprise. « Roh c’est bon, calme toi, ça viendra quand ça viendra », ou « si tu te stresses déjà avant ça va te bloquer le jour où t’essaieras de le faire, ton bébé », ou encore « mais pourquoi t’as tant besoin d’un enfant, pose toi les bonnes questions ! »

V’voyez quoi.

Alors créer ce blog pour m’exprimer librement, entièrement, « défouloirement », mais aussi, peut-être dans l’espoir que d’autres qui vivaient la même chose me liraient et me comprendraient, ne pouvait se faire qu’anonymement. Parce que je savais que j’y raconterais des choses que je n’avais pas envie que mes amis, ma famille, mes collègues, mon mec, sachent. Des choses intimes, personnelles, secrètes parfois. Exactement comme on écrit sur un forum avec un pseudo. Exactement comme un journal intime. J’avais envie de cette liberté de ton et d’écriture. J’avais envie de ne pas penser à mes éventuels lecteurs comme tant de visages familiers auxquels je me serais adressée, même inconsciemment. Je n’avais pas envie de m’imposer une censure, même légère, en écrivant, de peur de blesser telle ou telle personne, de peur que ce que j’allais écrire puisse me porter préjudice, de quelle que façon que ce soit.

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Et puis le blog a évolué. J’ai réalisé ce désir d’enfant. De là ont découlé d’autres sujets, mes parents, mes beaux-parents, belle-maman surtout. Il était évident que je ne pouvais pas raconter plein de choses sur belle-maman si mon blog était lu par toute ma belle famille. Mon mec y compris.

Si je faisais découvrir ce blog à mes amis, au delà de la gêne, genre je suis toute nue face à vous les gars, je sais que je n’écrirais plus de la même manière. Je sais que je penserais à eux en écrivant, je sais que je perdrais une liberté de ton, de sujets, de tout.

Bref, vous aurez compris l’idée générale, tout internautes que vous êtes, férus de protection de vie privée, confidentialité, droit à l’oubli, ou autre question ayant trait à l’identité sur la toile.

Mais aujourd’hui, pour diverses raisons, je ressens le besoin de créer au moins un blog à mon nom. J’aimerais que ce soit le genre de site que je puisse donner en lien sur mon CV, par exemple (cela dit je l’ai déjà fait pour ce blog-ci, quand ça me semblait pertinent et que je me disais que de toute façon, le recruteur prendrait à peine le temps de lire mon CV… oui, je ne suis pas très optimiste en ce moment…).

J’ai remarqué aussi, que les blogs à succès, sont souvent non anonymes. Ça fait quelques jours que je pense à ce phénomène : les gens ont besoin de mettre un visage, parfois un nom, sur cette fille ou ce gars qui racontent leur vie de tous les jours, pour s’identifier. Pour le succès, il faut dire qui on est. Le pseudo choisi par un auteur (ce qui n’est pas quelque chose de nouveau, cf. George Sand, Stendhal… grands auteurs de blogs du XIXe siècle ) n’est pas, semble-t-il, vendeur. Sauf si, bien évidemment, on sait qui est derrière ce pseudo (George Sand on t’a reconnue !).

Bon George, malin le coup du pseudo masculin, mais on sait que c'est toi !

Bon George, malin le coup du pseudo masculin, mais on sait que c’est toi !

Mais je me rends compte que j’ai vraiment un problème avec l’idée d’associer mon nom à n’importe quoi de visible sur la toile. Je n’ai même pas de profil Linkedin, c’est dire ! Pour Facebook je m’en fous, j’ai paramétré tout le tintouin pour préserver une pseudo confidentialité. Mais voilà. J’appréhende d’écrire sous mon nom, même quelque chose d’ultra sérieux. Du coup, ça fait des mois que je tourne en rond. Je l’fais, je l’fais pas. Je fais un site à mon vrai nom, non mais en fait je vais faire un site sérieux mais quand même avec un pseudo. Oui mais c’est bien de dire qui on est, quand même, et puis ça pourrait me servir pour le boulot qui sait…

Vous voyez le topo ? Je suis coincée.

Je me demande aussi pourquoi j’ai peur d’assumer un site, blog ou tout ce que vous voulez, qui dirait un peu qui je suis aux gens, sans qu’ils soient en face de moi. Pourtant, je rêve de dire plein de choses au monde, et d’assumer ma signature. D’avoir les c****** d’écrire en mon nom.

Finalement c’est un peu ça aussi, mon souci. Anonyme, je me sens plus sûre de moi. En mon nom, je redeviens cette personne qui a un gros souci de confiance en elle.

Je fais donc appel à vos conseils, vos histoires, vos témoignages. Anonymes ou pas. Avez-vous aussi choisi l’anonymat ? Avez-vous plusieurs blogs, comptes sociaux (réseaux sociaux, je veux dire), sites, ou ce que vous voulez ? Si oui, arrivez-vous à gérer les publications sur différents supports à la fois ? Pensez-vous qu’il soit risqué de s’éparpiller sur plusieurs plateformes ?

Merci de votre aide, en espérant qu’anonyme ou pas, je sois au moins lue, ce qui serait déjà pas mal.

Hé merde, encore un paparazzi qui m'a reconnue...

Eh merde, encore un paparazzi qui m’a reconnue…

 

2 réflexions sur “De l’anonymat de la blogueuse

  1. l0uanne dit :

    J’ai aussi choisis l’anonymat sans me poser de question ! Pour moi c’est une sorte de protection, comme si ça si j’ai des commentaires insultant ça touchera jamais directement ma personne, et je suis aussi plus libre de dire ce que je pense, car je n’ai vraiment pas envie que mes proches tombent dessus et connaissent mes pensées les plus intime. Pour le désir de bébé moi aussi j’ai entendu de tout « Mais tu y penses trop », « Ca viendrai au moment ou tu t’y attendra pas » « Mais sois patiente, 1/2/3/4 mois c’est rien, la moyenne c’est de 1 an »

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